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L'industrialisation arrive dans les années 1825-1830
avec la diffusion des métiers "JACQUARD". Les Soyeux Lyonnais
deviennent des industriels, les Canuts, prolétaires
de la soie, se révoltent et clament qu'ils veulent
"vivre en travaillant ou mourir en combattant".
Ces années de combat sont aussi celles du renouveau
des arts décoratifs ; l'expansion de la haute couture
entraîne une nouvelle prospérité pour
les Soyeux, qui, en 1925, pour les couturiers, créent
un nouveau style. Les grands couturiers sont à
l'époque, tous français : PATOU, POIRET,
CHANEL, GRES,... tous utilisent les soieries et font appel
aux peintres de l'époque : LORJOU, SONIA DELAUNAY,
DUFY,... très inspirés par la noblesse et la
beauté des tissus qui leur sont proposés comme
supports.

soie :
soierie Musée des Tissus (Lyon)
A
notre époque, la soie naturelle est un produit rare
et précieux qui représente à peine
0,20% des fibres textiles utilisées. A Lyon
même, la soie représente plus que 1% de
l'activité textile mais une trentaine de Soyeux
Lyonnais continuent la tradition.
Aujourd'hui la production de la soie est en majeure partie
asiatique (Chine, Japon, Inde) parfois et dans une plus
faible mesure de Russie ou du Brésil. On a
délaissé cet extraordinaire produit naturel
qui depuis plus de 4 millénaires a inspiré des
milliers d'artistes et produit autant de chef d'oeuvre au
profit de fibres synthétiques moins coûteuses.
Mais la soie reste toujours ce produit naturel
extraordinaire au toucher, bien plus doux que la peau, un
textile véritablement fait pour la peau, avec des
motifs, des coloris à nul autre pareils.
Abandonné une telle production est une aberration. On
l'a compris et l'on cherche à développer
à nouveau la sericiculture en France, notamment les
Cévennes et l'Ardèche. Rhône ALpes,
1ère région textile française pourrait
reprendre cette activité qui fit sa gloire et sa
prospérité. Le monde entier vient toujours
à Lyon "pour faire travailler les soies les plus
difficiles, pour entreprendre les créations les plus
complexes pour réaliser les restaurations les plus
délicates"(P.Milleron). Ic, on a gardé le
savoir-faire, les gestes qui s'enracinent dans le
passé mais qui vivent et s'adaptent au
présent, car il y a une filiation, une lignée,
jamais interrompue entre les artistes du passé et
ceux d'aujourd'hui.
La soie d'ailleurs revient à la mode, dit-on, comme
si elle avait jamais été
démodée,... comme si les chefs-d'oeuvre
à laquelle la soie avait servi de support
étaient à jamais oubliés. A ce propos,
si vous allez dans la région lyonnaise, faites un
tour à Charlieu voir les très anciennes
machines textiles ; à Montboucher/Jabron
(Drôme),le musée de la soie et les
métiers anciens, à Lyon la "Maison des
Canuts". Mieux encore, rendez visite, dans l'Ain, à
Jujurieux aux soieries C.I Bonnet "qui n'ont par leur pareil
pour tisser le Velours façonne, art dans lequel elles
excellent depuis un siècle et dont la haute couture
se montre toujours friande".
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