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Contrairement à ce que l'on croit
généralement, la digestion
ne commence pas avec l'absorption des
aliments mais bien avant, avec la
perception des odeurs ou de leur simple
évocation. Penser à quelque
chose de bon, à votre plat
préféré, vous "met
l'eau à la bouche" et votre estomac
"gargouille" de plaisir rien que d'y
penser. Ma grand mère disait que ce
que l'on mangeait avec plaisir se
digérait mieux et ne faisait jamais
de mal. Selon Josiane Mignot
("L'hydrothérapie du colon") "le
fumet qui chatouille les narines (...)
informe aussitôt les glandes
salivaires qui (...) préparent la
salive adéquate. L'intelligence du
corps prépare des salives sur
mesure (la salive du pain ne sera pas la
même que celle du raisin)".
Cette réalité physique
connue sous le nom de phase
céphalique de la
digestion, est le reflet de notre
"envie", de notre désir de vivre.
L'évocation d'aliments ou
l'appétit et le plaisir qu'ils
génèrent n'est autre qu'une
phase de désir de notre corps qui
aspire à une saveur, une sensation.
Il y a un aspect psychophysiologique
profond dans l'attirance ou la
répulsion pour une saveur.
Les goûts différents d'une
personne à l'autre, d'un âge
à l'autre, parfois d'un jour
à l'autre mais à chaque
instant où ils se manifestent, ils
sont le reflet de notre vie intime, de nos
aspirations, de nos attachements à
un certain moment de la vie, que
l'individu éprouve une attirance ou
une répulsion pour certains mets,
certaines odeurs ou certaines saveurs. En
fonction de ces éléments
négatifs ou positifs on pourrait
avec sans doute beaucoup plus que des
approximations, faire le portrait
psychologique d'un individu à un
moment donné.
L'appétit, la mise en
appétit, l'attirance pour un met et
la saveur qu'il représente
correspondent à une phase de
désir alors que l'ingestion de
l'aliment dans la bouche correspond
à celle du plaisir, phase dans
laquelle interviennent plusieurs
étapes masticage
(dents), malaxage
(langue) et salivage.
Les papilles gustatives transmettent au
cerveau les odeurs et les saveurs. Nous
pourrions faire des constats similaires
à propos de l'aspect des mets et de
leur présentation : un bel
emballage, une belle présentation
donnent et parfois créent l'envie
de déguster, de savourer un
produit. La couleur elle-même
participe à cette attirance des
humains pour les produits
alimentaires.
Les industriels de l'alimentation et des
grandes surfaces le savent bien et
à cet effet emploient tout un
arsenal, hélas le plus souvent
chimique, pour séduire la
clientèle : édulcorants de
synthèse qui apportent une saveur
sucrée (alcools, limonades,
desserts, sauces,...). Les exhausteurs de
goûts (E620 à E640) ce sont
des glutamates qui renforcent le
goût des aliments (plats
cuisinés, potages
déshydratés,etc...) et la
gamme très fournie des arômes
de synthèse de plus en plus
présents dans les produits
alimentaires.
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