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Article : Informations : droit

INFOS .... "DROIT"

PACS : Mode d'emploi (suite)

 En pratique, ça change quoi ?

Impôts sur le revenu :

L'imposition est commune à partir de la troisième année de la signature du Pacs. Les mêmes règles d'imposition que pour les personnes mariées sont alors applicables.

Travail, vacances, etc.

Les Pacsés peuvent plus facilement prendre leurs congés ensemble. S'ils travaillent dans une même entreprise, ils ont droit à un congé annuel simultané.

Une autorisation d'absence de deux jours est prévue en cas de décès. Pour les fonctionnaires, la loi prévoit une priorité de mutation afin de suivre le partenaire.

Logement :

La loi prévoit un droit de reprise du bail. En cas d'abandon du domicile ou de décès, le partenaire peut profiter de la continuation et du transfert du contrat de location.

Avantages fiscaux en matière de succession :

En matière de succession, les pacsés sont juridiquement des étrangers. En pratique, les biens du défunt vont subir la dévolution successorale légale : ils seront transmis directement aux descendants réservataires, ou, à défaut, aux ascendants réservataires, ascendants et collatéraux.

Pour parer à cette mesure, les pacsées peuvent convenir d'une transmission au partenaire survivant. Mais, pour ce faire, il faut qu'ils justifient de deux années de Pacs, et surtout ne pas aller à l'encontre du droit successoral en déshéritant leur famille. Par exemple, un pacsé sans enfant mais ayant ses deux parents ne pourra pas transmettre plus de la moitié de ses biens à son partenaire de route.

Donations :

Les donations sont taxées à 40% en dessous de 152449.02 € et à 50% au-delà. Mais ce taux ne s'applique que si, à la date du fait générateur, les partenaires sont liés depuis au moins deux ans par le pacte civil de solidarité.

Pacsés étrangers :

L'existence de liens personnels en France conditionne l'acquisition du titre de séjour. Dans cette matière, la conclusion d'un Pacs est un élément de preuve sérieux. Une circulaire devrait donc intervenir pour préciser dans quelle mesure le Pacs sera pris en compte pour l'obtention d'un titre de séjour ou même de la nationalité française.

Un accouchement douloureux :

Appelé Cuc en 1992 (contrat d'union civile) puis Cus en 1997 (contrat d'union sociale), le projet d'un contrat organisant la vie de couple en dehors du mariage traditionnel a été longtemps repoussé. C'est en avril 1998, sous la nouvelle appellation de Pacs, qu'un projet a été déposé dans ce sens à la Commission des lois de l'assemblée nationale.

Le Pacs a été définitivement voté le 13 octobre à l'assemblée, après 12à heures de débats et 2161 amendements. La loi a d'ores et déjà été soumis au contrôle du Conseil constitutionnel par des députés de droite. Il faudra donc attendre encore plusieurs mois pour mettre en place les divers textes d'application (décrets, circulaires.. Cette loi tant attendue par certains ne pourra pas être matériellement appliquée avant le courant de l'année 2000.

Un risque d'être fiché ?

D'après la loi, les deux personnes qui concluent le pacte civil de solidarité en font la déclaration conjointe au greffe du tribunal d'instance. C'est l'inscription sur le registre du lieu de résidence qui fait date au Pacs et le rend opposable aux tiers. Il sera donc constitué un fichier accessible à toute personne qui aura intérêt à le consulter. Or, beaucoup de tiers y auront un intérêt légitime : le notaire ou la banque, pour un contrat de prêt ; le fisc, l 'imposition commune ; le bailleur pour la reprise du bail. Cette procédure, nécessaire, comporte donc un risque d'atteinte à l'intimité de la vie privée (voire un risque discriminatoire).

Concubinage ou Pacs :

Avantages et inconvénients :

Alors que le Pacs est un contrat, le certificat de concubinage n'a aucune valeur juridique. Les mairies ne sont pas obligées de le délivrer, ce qui a pu être discriminant pour les couples homosexuels. Ce certificat permet d'obtenir des allocations diverses, des réductions pour les transports en commun. De même, en cas de décès, le survivent pourra éventuellement obtenir des indemnités en produisant ce document. Il est aussi utile en cas d'action en recherche de paternité naturelle. Bien que la loi ne lui accorde pas de statut juridique spécifique, les tribunaux ont reconnu parfois certains avantages fiscaux : la reprise du droit au bail, la possibilité de faire des libéralités. Qu'adviendra-t-il de cette jurisprudence après le Pacs ?

Mariage ou Pacs :

Avantages et inconvénients :

Compte tenu des avantages fiscaux et des obligations mutuelles mises à la charge des pacsés, il est légitime de se demander ce qui le différencie encore du mariage. Pourtant, les différences sont de taille. Elles tiennent en deux mots : la rupture et les enfants.

Les enfants nés dans le cadre d'un Pacs sont des enfants naturels, alors qu'ils sont légitimes dans le mariage. En pratique, cela ne fait aucune différence depuis la réforme de 1993, les enfants naturels simples et les enfants légitimes ont exactement les mêmes droits.

Mais l'adoption est interdite aux pacsés. En ce sens, la loi opère un recul des droits des « couples libres », notamment homosexuels. En effet, les partenaires de même sexe ne peuvent pas adopter conjointement ni avoir recours à la procréation médicalement assistée.

En cas de rupture, la procédure est ultrarapide, voir lapidaire. C'est le principe de la rupture libre, à tout moment et sans motif. Il y est mis fin par le mariage ou le décès, par simple déclaration au greffe et signification à « l'ex ».

Sources : PJ.FORG 

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