L'AOA(Asso.
Américaine de l'obésité), l'INSERM et
l'INS (Instit. Nle de la santé) ont lancé un
cri d'alarme contre la stupéfiante progression de
l'obésité dans le monde, en particulier celle
des enfants. Aujourd'hui en France 1 enfant sur 10 est
obèse à l'âge de 10 ans, soit le double
que dans les années 80. Chez les enfants de 6
à 12 ans on en compte 10 à 12%. On estime que
si l'obésité apparaît déjà
avant la puberté, son taux de persistance à
l'âge adulte sera de 20 à 50% et de 50 à
70% si l'obésité survient après la
puberté.
Mais l'obésité n'est pas seulement un
problème qui touche les USA et la France, il touche
tous les pays riches et se répand comme une
épidémie dans tous les pays en voie de
développement à moyen ou faible revenu,
où la "transition économique"
génère une "transition nutritionnelle", c'est
à dire une modification des habitudes alimentaires,
la baisse de l'activité physique et la qualité
déplorable des aliments, (la mal-bouffe industrielle
et agroalimentaire). Trop de graisses, de sucres, de
calories et pas assez d'exercice physique.
Quelques chiffres : En Chine, 12% des femmes et 10% des
hommes sont obèses, en Malaisie c'est 3 hommes sur
10, au Mexique 23% de la population et 58% trop grosse ; en
Égypte 35% d'obèses, Samoa 50% de la
population ; au Koweït 32% d'homme et 40% de femme ;
Arabie Saoudite 16% d'homme et 24% de femmes. En fait L'OBESITE touche 1,1 milliards de personnes dans le
monde, dont 16 millions de Français trop gros parmi
lesquels plus de 3 millions d'obèses.
Et plus le temps passe, pire c'est ; on a l'impression
d'assister à une épidémie. En fait,
outre les causes nutritionnelles précédemment
avancées et que nous aurions le tort d'écarter
trop facilement, les chercheurs ont exploré deux
pistes nouvelles : celle du GENE, et plus récente du
VIRUS.
La
piste Génétique : des chercheurs Français ont
découvert le
gène UCP.1 présent dans les tissus adipeux ; c'est celui qui
permet aux animaux exposés au froid de survivre en
maintenant leur température corporelle. Le gène UCP.2 découvert aussi par des
Français régule lui aussi la
température du corps mais dans beaucoup plus de
tissus que l'UCP.1. Enfin l'UCP.3 qui se trouve majoritairement dans les
muscles. Des biochimistes Britanniques ont inséré dans
l'organisme de rongeurs, le gène UPC.3, de la famille
des protéines dites "brûleuses de graisses" et
présente, comme dit plus haut dans les mitochondries
des muscles. Les chercheurs ont démontré
qu'à niveau de nourriture équivalent un
surplus d'UCP.3 dans l'organisme générait une
plus grande dépense d'énergie que se traduit
par une production accrue de chaleur. Les souris
dopées en UPC.3 sont plus voraces que leurs camarades
mais restent plus minces.
Autre piste, celle de
l'ADENOVIRUS Cela se passe en 1988 aux Indes, à Bombay, où
le Dr Nikhil Durhandar exerce et soigne en particulier les
obèses qui veulent maigrir. Il apprend par un ami
vétérinaire qu'une étrange
épidémie virale décime les poulets de
la région en leur faisant prendre du poids, autrement
dit un virus qui tue en faisant grossir. Le docteur commence ses tests : 6 semaines après
avoir inoculé ce virus aux poulets, ceux ci
présentent 50% de graisses de plus qu'un animal sain
et malgré cette obésité un taux de
cholestérol et de triglycéride
inférieur à la moyenne, contrairement à
la logique. Le docteur a vérifié cette piste sur les
bilans sanguins de 52 de ses patients obèses en
vérifiant la présence d'anticorps au virus
(SMAM-1) dans leur sang, donc qu'ils ont
été en contact avec le virus. Sur les 52, les
10 plus gros sont "porteurs" et avec un taux de
cholestérol très bas. Le docteur indien part
aux USA poursuivre et faire financer ses recherches. Il
rejoint à l'Université du Wisconsin, un autre
spécialiste de l'obésité, le docteur
Atkinson, ne pouvant importer le SMAM-1, ils vont
réutiliser l'ADENOVIRUS-36 ou AD36 composé d'anticorps
aisément repérable. Et 3 semaines après
l'inoculation, poulets et souris ont pris 2/3 de graisses en
plus et les taux de cholestérol diminuent. Ça
marche, même répété plusieurs
fois.
En fait l'AD.36 agit sur les adipocites (cellules
graisseuses). Beaucoup reste à faire, à
trouver ; mais cette nouvelle voie semble
intéressante. Après tout,
l'obésité ne serait pas la première
maladie chronique à être liée à
une infection virale, rappelons-nous l'HELICOBACTER PYLORI
cause majeure d'ulcères. [Suite]

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