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Au milieu du
siècle dernier, sous le prétexte de pouvoir
à l'avenir assurer la subsistance d'une population
mondiale en pleine croissance démographique et
d'éviter les aléas (tempêtes,... ) de la
pêche traditionnelle, on commença à
développer l'élevage du poisson à des
fins commerciales, chacun y alla de son rapport mensonger
pour justifier l'aquaculture intensive. Ce n'est pas
l'aquaculture en elle-même qui est l'objet de la
contestation, puisque ce procédé est
utilisé en Asie depuis des siècles à
petite échelle, mais le fait que l'aquaculture n'ait
eu pour ambition que les voies commerciales du profit, avec
derrière de gros investissements. Ainsi, 95 % du
saumon consommé en France aujourd'hui provient
d'élevage.
Et le poisson, c'est intéressant à produire,
beaucoup plus que les coquillages et crustacés, car
65 % du poids net du poisson est consommable. Et pour
produire une tonne de poisson, il faut moins de nourriture
que pour produire du porc ou du bouf (même aux
hormones ou aux antibiotiques). En fait c'est aussi
économique que le poulet (même la dioxine) ce
qui n'empêche qu'en 1999, des scientifiques ont
trouvé des niveaux élevés de dioxine
dans les saumons d'élevage écossais. Ils
avaient sans doute consommé du poulet à la
dioxine... En effet, comme le saumon est carnivore son
alimentation contient environ 45 % de farine de poisson et
25 % d'huile de poisson ; La farine de poisson provient du
poisson de fourrage ou des dérivés de
volailles (y compris les plumes) et de sang
additionné de soja, de maïs ou de blé
comme liant. Ces huiles et farines de poisson atteignaient
un taux dix fois plus élevé que celui des
dioxines dans les oeufs et la viande. Et l'on sait que ces
dioxines sont cancérigènes et provoquent chez
l'homme de graves troubles hormonaux. Alors combien de
malade allons-nous compter après consommation du
saumon écossais qui continue évidemment sa
production qui est passée de 30 000 tonnes en 1990
à 120 000 tonnes en 1998. Aujourd'hui, grâce
à sa culture intensive à risque,
l'Écosse est au troisième rang mondial dans ce
secteur.
Il est vrai que la législation est très
complaisante, alors pourquoi ne pas en profiter, même
si les coûts écologiques et de santé
humaine sont faramineux ; Si l'on en croit M. Wigan dans
"The Field Magazine " (juin 2000) la pisciculture intensive
est sans doute à l'origine de la pire catastrophe
écologique qu'on connus les Highlands de l'Ouest. Car
élever des millions de poissons pose d'énormes
problèmes, notamment de pollution. En effet les
effluents non traités, excréments,
déchets contaminés, produits chimiques, etc.
empoisonnent littéralement lacs et lochs
d'Écosse, et provoquent un grand nombre de maladies
infectieuses que l'on combat avec des produits chimiques qui
à leur tour, aggravent la pollution sans pour autant
éliminer les maladies. Entre 97 et 99 la pollution
des eaux a quadruplé, chez les saumons
eux-mêmes on relève une importante
mortalité et chaque année des maladies
nouvelles apparaissent. Ces maladies on les combat par
injonction d'antibiotiques dans les poissons et dans l'eau
par des composés hormonaux et des produits chimiques
comme les organophosphorés. Ces saumons "
pollués " vont dans la chaîne alimentaire et
dans notre assiette. Ceux qui n'y vont pas
s'échappent régulièrement dans les
rivières où ils se reproduisent et contaminent
les saumons sauvages.
L'été dernier, les Amis de la Terre
Écossais ont dénoncé l'usage
toxicité illégal du DEOSAN DEOSECT dans
certains élevages écossais ; C'est un
insecticide à base de cypermétrine,
extrêmement toxique et à l'origine de troubles
hormonaux. L'usage d'Ivermectine est tout aussi condamnable,
puisque extrêmement toxique et incriminé par
certains comme un des responsables de la vache folle. On a
trouvé à plusieurs reprises dans les saumons
d'élevage vendus en grande surface, un autre produit
chimique largement présent dans les élevages
de saumon écossais, le DDVP ou Dichlorvos un
pesticide à base d'organophosphatés à
l'origine de tumeurs du cerveau et du pancréas et de
leucémies. Avant l'interdiction de ce produit il y a
deux ans, les éleveurs de saumon Écossais
utilisaient 9 millions de tonnes de ce produit.
Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, la SEPA
(Scottish Environnement Protection Agency) a
légalisé un grand nombre de produits toxiques
dans les élevages de saumon : SLICE (Emamection),
IVOMEC (Ivermectine), CALICIDE (Tefubenzuron), etc. tous
sont toxiques et les éleveurs de saumon
Écossais utilisent une panoplie de 474 produits
chimiques ; Pourtant les fameux Copépodes que l'on
tente de détruire sont toujours là, toujours
en plus grand nombre, ils s'adaptent et deviennent
rapidement résistant à n'importe quel agent
chimique. Signalons en outre que pour prévenir les
maladies on injecte dans l'eau et les poissons des
antibactériens, des purificateurs, des antiparasites
et une foule d'additifs dont la quasi-totalité sont
toxiques comme le TBT (Tributyline) et son métabolite
le DBT. Selon la SEPA, 10 tonnes d'antibiotiques ont
été utilisées dans les élevages
de saumon écossais en 1995. En conséquence,
les antibiotiques participent à un processus
biologique contraire à celui pour lequel ils sont
faits. Chez les saumons eux-mêmes, les maladies se
multiplient, anémies infectieuses du saumon "AIS ",
furonculose, nécrose pancréatique, cardio
myopathie.
Source : Stéphanie Roth {the
Ecologist}
Pour plus
infos : le saumon
atlantique publié par IFREMER.
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