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L'USAGE MEDICAL
DU CANNABIS (nov
2001)
C'est là un sujet très sérieux. Les
opposants et les partisans prennent en otage les travaux
scientifiques et le débat ne cesse de rebondir.
Récemment, le tribunal administratif de Paris est
resté sourd à la requête de deux malades
du Sida souhaitant obtenir l'autorisation d'importer
du
cannabis
"thérapeutique". Malgré l'appui
conséquent que leur avait apporté le Mouvement
de Législation Contrôlée
(MLC) la réponse fut négative le
tribunal s'appuyant sur la législation et le fait que
le cannabis soit classé dans la catégorie des
stupéfiants sans aucun intérêt
thérapeutique, un classement qui devrait être
revu, car au vu des essais et tests, les vertus
thérapeutiques du cannabis sont bien réelles
même si elles ne sont pas toujours à la hauteur
de ce que l'on en attend.
Après tout, on autorise bien des médicaments
sans aucun effet thérapeutique ou à effets
infimes mais par contre à effets secondaires
reconnus.
Le cannabis à usage thérapeutique est
toléré dans de nombreux états des USA,
au Canada, Australie, Nouvelle Zélande. L'Europe et
la Grande Bretagne y paraissent de plus en plus ouverts et 9
pays européens y sont aujourd'hui favorables. On a
trop passionné le débat ; ce n'est pas parce
que sur un ou deux traitements le cannabis n'apporte pas les
effets escomptés qu'il faut en conclure qu'il n'en a
aucun.
S'il ne répond pas à certaines attentes, il
peut répondre à d'autres. Ainsi, l'on sait
qu'il est très efficace par son effet stimulant sur
le centre de l'appétit (situé dans
l'hypothalamus) et donc être d'une grande
efficacité pour les patients atteints du syndrome
cachectique (amaigrissement, extrême
affaiblissement).
Ce n'est pas là un cas isolé et nous en avons
déjà décrits quelques uns dans cette
rubrique cannabis, allant des thérapies les plus
anciennes aux actuelles. Par rapport au lointain
passé, il faut aussi se rendre compte que le cannabis
"thérapeutique" est en concurrence avec des
médicaments plus ou moins efficaces selon les cas ;
ainsi le cannabis
aurait deux effets bénéfiques, l'euphorie et la sédation mais hélas, avec des effets
secondaires importants.
Le 7 juillet 2001, le British Medical Journal consacrait 2
articles à l'usage médical du cannabis et
concluait que l'intérêt du cannabis pour calmer
la douleur était faible, mais plus intéressant
dans le cas de nausées consécutives à
la chimiothérapie avec toutefois quelques effets
secondaires. Par ailleurs, des médecins
anesthésistes d'hôpitaux universitaires suisses
et britanniques ont fait une enquête sur l'usage
pharmacologique du cannabis par rapport à de la
codéine et au placebo. Le THC (principe actif du
cannabis) sous forme orale ou synthétique a eu des
effets comparables, au mieux, avec la codéine connue
comme un antalgique faible ; à forte dose de
cannabinoïdes il y a des effets secondaires assez
redoutables (vertiges, perte de mémoire,
délire verbal,..).
Ils concluent qu'actuellement, il n'y a pas d'arguments
convaincants "pour un usage élargi du cannabis dans
le traitement de la douleur". Des tests similaires ont
été effectués sur les nausées et
vomissements consécutifs aux chimiothérapies
du cancer. Les résultats ont été
beaucoup plus probants ; en effet le cannabis s'est
révélé plus actif dans ce cas que les
autres médicaments anti-emetiques testés, mais
par contre avec, toujours des effets secondaires
représentant un facteur limitant majeur.
Toutefois d'autres pistes suscitent beaucoup
d'intérêt. Par exemple, dans le traitement des
douleurs neurologiques qu'il soulage, il y a de
sérieux espoirs. Dans le traitement de la
sclérose en plaque pour les contractures et les
spasmes musculaires associés à cette affection
; dans le traitement du glaucome, l'épilepsie,
l'arthrite, la migraine, l'asthme, la dépression. Il
y a, on le voit de nombreuses pistes qui s'ouvrent
progressivement.
Donc, rejeter avec des a-priori, les vertus
thérapeutique du cannabis nous semble aussi excessif
qu'en faire un remède miracle.
Justement les laboratoires pharmaceutiques
s'intéressent de plus en plus au cannabis. Aux USA et
Canada, on a autorisé et commercialisé
le
DRONABINOL
(cannabinoïde de synthèse du THC) et en Espagne
et Grande Bretagne le NABILONE.
Ceci est vendu sous
le nom de MARINOL, un produit avec effets secondaires, donc
attention...
D'autres recherches sont en cours avec d'autres formulations
moins dangereuses que le THC (cannabinol, cannabidiol,
etc...).
Cependant et nous ne pouvons que le déplorer, les
recherches publiques aux USA ont été
stoppées depuis 1976 par le Pdt Ford qui en a
laissé l'exclusivité aux groupes
pharmaceutiques qui n'ont fait aucun effort en faveur du
cannabis, un concurrent sérieux pour leurs produits.
Plus tard, d'autres (Reagan, Bush,...) ont incité les
universités et les chercheurs à
détruire tous les travaux qu'ils avaient
effectué sur le cannabis, notamment celle
réalisée en Virginie en 1974 et dont le
Washington Post (18 Août 74) dit : "l'agent chimique
actif de la marijuana freine la progression de 3 sortes de
cancer... chez la souris et peut aussi supprimer la
réaction immunitaire à l'origine du
phénomène rejet dans les transplantations
d'organes... Les chercheurs ont découvert que le THC
ralentissait la progression des cancers du poumon, du sein
et de la leucémie...". En fév. 2000, une
équipe espagnole à l'issue d'une étude
fiable a confirmé les résultats
annoncés par l'étude de 74.
Alors pourquoi cacher ces résultats alors que des
cancéreux attendent une guérison !!
.Le Cannabis -
début du dossier
.Qu'est-ce qui fait
mal dans le Cannabis ?
.Le
Cannabis - un médicament
.Autres aspects du
Chanvre
.Quand le
chanvre vous met en beauté
.Le chanvre :
un extraordinaire textile
.Quand le papier
était fait de chanvre
.Le chanvre :
un matériau de construction
.Le
Cannabis... en bref...

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